Je serais curieux de connaître la limite entre l’incompétence et le défaut de conseil.
Parce qu’il semble assez évident que si la personne est CGP, lorsqu’elle dit qu’un PEA ne fait « pas assez travailler son argent et n’est pas assez diversifié » pour proposer une assurance-vie qui est plus chère et probablement, in fine, moins diversifiée qu’un World (presque « par définition du World » quelque part), il sait qu’il dit quelque chose de bordeline.
Je taperais pas trop sur la scpi, j’ai failli faire un crédit presque identique (~4.8% au lieu de 5.35 de l’exemple) il y a exactement 1 an😅
À ma connaissance, la demande de coordonnées en échange du rdv, ou de ristournes sur le niveau des frais d’entrées d’AV par exemple, est une pratique ultra standard des réseaux de CGP.
Pour aller plus loin, ces réseaux sont organisés en niveaux où les anciens recrutent les nouveaux CGP et les accompagnent avec leurs premiers clients. Avant d’avoir ton agrément tu signes un contrat d’apport d’affaires où tu partages les commissions générées avec ton “parrain”. Une fois que tu as ton agrément la commission est répartie entre le réseau, le parrain de ton parrain, ton parrain, et toi (jusqu’à 4 niveaux). On te propose de faire les premiers rdvs avec des proches, des membres de ta famille ou tes amis, à qui tu feras tes premières ventes signées par ton parrain. On t’explique que si tu vends 200k d’immo (SCPI ou Pinel) tu pourras gagner 6k€ immédiatement dans ta poche. Et si tu lis bien le doc tu réalises que ton parrain et ses managers se partageront 13k€ de leur côté… Bref c’est un délire.
J’avais été approché par un de ces réseaux de CGP et j’avais eu accès à tous les contenus qu’ils communiquent aux aspirants CGP. C’était vraiment à pleurer.
L’immense majorité n’est pas inquiétée, même lorsqu’il s’agit d’un défaut de conseil manifeste. Presque tous les retours d’expérience que je lis présentent des défauts de conseil.
J’avais personnellement testé un néo-acteur de la gestion patrimoniale pendant la phase d’étude autour de Cayas. J’avais bien précisé au CGP que compte tenu de ma situation, ma priorité était la liquidité des investissements. Je te donne en 1000 la préconisation : 2 SCPI (dont l’investissement serait bloqué pendant 10 ans).
Je pense également que la majorité des CGP ne comprennent simplement pas ce qu’ils recommandent. Cf le post de ce CGP qui a 10 ans d’expérience et qui ne comprend pas l’engouement autour du PEA :
Pour le coup, je ne comprends pas du tout la vision de ce type de CGP à tout prix vouloir vendre de l’AV bourrée de frais et des SCPI : si ils se font de la retrocession, c’est quand même plus intéressant de faire fructifier le capital au maximum, donc pourquoi faire payer des frais annuels/d’entrée infernaux ?
Ça détruit juste la performance et même le CGP est lésé, vu que ses entrées d’argent au mieux restent constantes…
Il nous a demandé, en échange des rdv gratuits qu’il nous fait, de lui donner au moins les coordonnées de 3 de nos proches pour qu’il puisse se présenter et chercher de nouveaux clients.
Il nous a dit que ce qu’on commençait à faire actuellement, PEA sur un ETF MSI WORLD c’était pas ouf, que les PEA ça peut être bien pour les gens qui savent ce qu’ils font, mais qu’épargner comme ça ne fera pas suffisamment travailler notre argent et que c’était pas assez diversifier si on fait que ça.
Je ne sais pas si ce CGP est une exception du réseau mais avec plus de 3000 conseillers et un centre de formation en interne, ça laisse songeur sur le discours standardisé…
Je ne suis pas naïf, je sais qu’il existe des gens qui sont prêts à vendre leur maman pour de l’argent, mais dans ce cas je pense que c’est purement de l’incompétence.
Xavier Delmas racontait que lorsqu’il a commencé à toucher ses premiers salaires de trader, il ne voulait surtout pas les investir en Bourse (en plein dans la crise Internet…) et préférait faire des investissements « alternatifs » (location de bateaux à distance lol). Et j’ai plein d’exemples de personnes qui travaillent en banque (voire en Asset Management) et qui gèrent très mal leur épargne.
Alors des jeunes CGP avec une formation relativement courte et soumis à de mauvaises incitations MLM…
Il n’y a pas de vision de long terme : l’objectif est uniquement le gain immédiat.
En termes de théorie des jeux, si un CGP ne défend que ses propres intérêts, il a intérêt à maximiser ses gains immédiatement et placer lui-même sa rémunération, plutôt que de miser sur l’hypothétique fidélité d’un client à vie.
J’ai fait un petit exercice rapide :
Une comparaison de rémunération entre 2 CGP qui conseillent un client souhaitant placer 100 000 €.
Le CGP requin facture 5% à l’ouverture puis touche 1,4% par an du capital de son client qui s’apprécie de 3% net de frais par an.
Le CGP long terme facture un audit patrimonial à 500€ puis touche 0,8% du capital de son client qui s’apprécie de 6% net de frais par an.
Je mets un différentiel de 3 % de performance, car c’est ce qu’on observe entre :
une stratégie classique de CGP : full assurance-vie, avec 1 % de frais annuels + des supports actifs facturant 2 à 3,5 % par an (tous les frais ne vont pas au conseiller)
une stratégie optimisée via PEA + CTO et l’utilisation d’ETF, dont les frais annuels tournent autour de 0,2 à 0,4 %.
Le CGP long terme commence à toucher plus annuellement que le CGP requin à partir de l’année 19.
Les commissions cumulées du CGP long terme dépassent celles du requin à partir de l’année 33.
En année 33, le client du CGP requin aura transformé 100 000 € en 251 000 €, tandis que celui du CGP long terme aura atteint 684 000 €.
Oui, mais le client du CGP requin a moins de chance de rester 19 ans que le client du CGP long terme aussi, donc l’un dans l’autre, bien faire les choses donne plus de chance de garder le client non ?
Après, pour les SCPI, les gains récurrents et la structure de frais fait que passer par un CGP ne me semble pas déconnant : le CGP prend sa com’ sur les frais de SCPI, mais au final, le client ne paie pas spécialement plus de frais vu que le CGP est rémunéré sur les frais d’entrée de la SCPI qui sont appliqué quoi qu’il arrive (et si le CGP est joueur, il peut même appâter le client avec du “cashback” sur les frais de l’investissement initial ).
Après, encore faut-il vouloir ajouter de l’immobilier à son patrimoine, car souvent avec la RP, on est déjà sur-exposé à l’immobilier (en termes de classe d’actif, of course).
Oui, cela donne plus de chance de garder le client longtemps. Mais la gratification immédiate prend souvent le dessus sur la gratification différée
Agreed, si on investit sur des SCPI, passer par un CGP ne change pas grand chose. Mais dans l’immense majorité des cas, on ne devrait pas investir sur des SCPI
Peu de chances que ça soit les meilleures SCPIs j’imagine ?
En tout cas le CGP que j’étais allé voir m’avait parlé d’une super SCPI qui fait de l’immo de bureaux à Paris (j’ai plus le nom), qu’il me ventait comme étant premium++
ça dépend du CGP, mais j’ai quelques euros via un CGP chez Corum, donc non, tu n’as pas que les fonds de tiroirs, mais je suppose que ce genre de CGP doit avoir ses petites “habitudes” (ie. des SCPI qui lui reversent plus que d’autres)
Quelques éléments de réponses avec un post LinkedIn de Nicolas Decaudain d’ADI ci-après.
Il faut aussi garder à l’esprit que les réseaux de CGP « classiques » recrutent souvent des personnes peu qualifiées, parfois directement via Pôle emploi, ou par le réseau, avec la promesse d’une rémunération rapide et significative. Cette rémunération est uniquement à la commission : il faut donc vendre, et vite.
Pour fidéliser ces nouveaux arrivants, il est indispensable qu’ils parviennent rapidement à générer des revenus conséquents. Cela influence directement le mode de rémunération. C’est d’ailleurs pour cette raison que les assureurs acceptent de verser des avances sur les commissions récurrentes, parfois jusqu’à huit ans, afin de stimuler les vendeurs. Si le contrat est rompu, ces avances sont alors déduites des revenus futurs du conseiller.
Enfin, apprendre à véritablement conseiller un client, et pas seulement à lui vendre des produits margés, requiert des compétences bien plus poussées en finance et en finances personnelles, ce qui demande beaucoup plus de temps à acquérir. Les deux métiers, qui portent pourtant le même nom, n’ont en réalité rien à voir.
Prosper Conseil grandit vite. Mais ce qui surprend, c’est qu’on n’a presque pas de concurrents.
Un paradoxe ? Pas tant que ça.
Notre modèle repose sur un choix fort : Conseil indépendant à 100 %, sans rétrocommissions de partenaires, donc rémunéré uniquement par nos clients en honoraires de conseil comme les avocats.
Un modèle transparent, sans biais dans le conseil, aligné avec les intérêts des clients, conforme à la réglementation MIF 2.
Résultat : des clients de plus en plus nombreux… mais peu de cabinets qui adoptent cette voie.
Pourquoi ? Parce que pour la plupart des cabinets bien installés, changer de modèle revient à diviser leur chiffre d’affaires par deux. En effet, ils vivent de :
rétrocommissions annuelles (1 à 2 % sur encours),
commissions ponctuelles sur certains placements (immobilier défiscalisant, produits packagés…).
Remplacer cela par des honoraires 2 voire 3 fois plus faibles impliquerait de tout repenser : rentabilité, organisation, structure de coût.
En pratique, c’est infaisable.
Et les jeunes CGP qui se lancent ?
En théorie, ils ont le choix.
En pratique, le modèle indépendant rapporte moins à nombre de clients égal, sauf à pratiquer des honoraires très élevés.
Résultat : très peu peuvent franchir le pas. Et encore moins sans compromis.
Alors pourquoi Prosper Conseil a-t-il pu le faire ?
Parce que dès le départ, nous avions un flux solide de prospects grâce à notre site d’information sur l’épargne, AVENUE DES INVESTISSEURS,
ce qui nous a permis de bâtir un modèle exigeant… dès le jour 1.
Ce modèle fonctionne. Mais il reste difficile à reproduire.
Nous l’avons construit comme si nous étions à la place de nos clients, en proposant ce que nous aurions aimé trouver.
Et tant que le système reste tel qu’il est, ce modèle restera… à contre-courant.
Mais c’est précisément ce qui nous plaît.
Et ce qui nous rend visibles.
Attention, Prosper a un discours « conseil rémunéré uniquement par nos clients en honoraires », mais rabat dès que possible le client sur de l’AV luxembourgeoise avec du levier. Dernièrement ils essayent de pousser un all weather pour forcer l’achat d’or et de BTC.
Et ce, peu importe le client et le besoin.
Donc ils ne sont pas vraiment dans le même business qu’un CGPI qui ne facture QUE des honoraires.
Sinon, sans rire, je répète à qui veut l’entendre que pour l’immense majorité des patrimoines il n’y a pas besoin de conseillers financiers. Je ne suis pas exactement leur meilleur publicitaire
Parmi les conseillers financiers, je pense que le meilleur modèle est le modèle indépendant avec honoraires. Et les arguments avancés par Nicolas D. sont globalement ceux auxquels j’aurais pensé. Ils répondent aux interrogations de @Rhist sur les raisons d’une prévalence d’un modèle de prédation au détriment des intérêts des épargnants.
Maintenant, je ne suis pas client et ne connais pas bien ni Prosper Conseil, ni leurs préconisations habituelles. Si ce qu’évoque @MichelMoustache est le standard, ça ne me paraît pas optimal pour beaucoup.
Parce que c’est à la mode, c’est la seule raison : les crypto reproduisent dans les grandes lignes ce qu’il ce passe sur les actions, donc bon, dans une logique de diversification de classe d’actifs, je n’y crois pas une seconde
Alors dans le cas de Prosper le modèle sous jacent est le Golden Butterfly, et le BTC est là pour remplacer en partie l’or.
Officiellement c’est pour coller avec le narratif du nouvel or numérique + meilleure performance espérée, mais officieusement je pense que c’est pour surfer sur la mode + caler des plus gros frais.
All Weather, Permanent, 4-season ou Golden Butterfly… Peu importe leur nom, le but est d’avoir un portefeuille diversifié sur des classes d’actifs qui survit à tous les contextes économiques. Dans ce cadre le bétécé pourrait avoir du sens, soit dans une optique anti crise (inflation up et croissance down, comme l’or), soit dans une optique growth (inflation down et croissance up, comme l’equity/small caps). Mais perso je n’aime pas du tout et je ne recommande absolument pas.
@Nicolas On devrait donner des noms similaires à nos outils : le Golden Capy ou le Capy 4 saisons